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  • les crocodiles ne pensent pas

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    REFLETS DE LA VIE
     

    J'ai appris hier que le son avait une odeur et que les couleurs avaient un goût. Qu'en pensez-vous ?
    C'est vrai. Fondamentalement, il y a énergie. Selon les mouvements des sens, elle se perçoit comme couleur, comme son, comme goût et comme odeur. C'est uniquement la structure de notre cerveau qui nous la fait décoder de telle ou telle façon. Une autre structure, un autre cerveau décode tout à fait autrement. Un animal ne perçoit pas les sons et les couleurs comme nous. Chaque structure décode les vibrations à sa manière. Ce que l'on appelle le monde est uniquement un décodage de vibrations. Une autre structure vit dans un autre monde. Les autres mondes ne sont pas à l'extérieur. Quand vous ne mettez pas l'accent sur le décodage ou le fonctionnement schématique, vous voyez le monde d'une manière complètement différente. La transparence, la plasticité, la sensibilité éloignent les schémas du monde. Les schémas sont surimposés aux vibrations. On met l'accent sur le décodage plutôt que sur la lumière et on se limite ainsi. La perception est toujours conditionnée.

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  • Le yoga tantrique du Cachemire

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    Château de Charbonnières, 1992.

    Quel est le rôle du yoga ?


    Aucun rôle !
    N'est-il pas utilisé au Cachemire ?
    Certainement pas « utilisé ». Vouloir utiliser les choses fait partie de la démarche progressive. Le yoga, la médecine, la peinture, la sculpture, l'art de la guerre, tous les arts qui construisent maintiennent ou détruisent les facettes de la vie, favorisent une possible expression du pressentiment d'être. Le yoga parle du corps. Le corps peut se trouver dans un état de très grande débilité, et pourtant le sentiment « d'être » est toujours là. En fait l'inclination à la pratique du yoga doit être considérée tout au plus comme un signe « auspicieux ». Pour la plupart, l'expression de la compréhension se trouve dans la vie quotidienne, dans les occasions les plus ordinaires. L'art du yoga, dans la tradition shivaïte du Cachemire, est en fait l'art d'écouter. Ecouter les différentes modifications psycho-sensorielles dans le corps lors des diverses situations de la vie quotidienne. Cette écoute qui ne juge, ni n'intervevint, permettra petit à petit à la réactivité constante du corps de s'atténuer. Les différents mouvements de la sensibilité quittant leurs caractéristiques d'agitation seront ressentis de plus en plus sous forme rythmique. La corporalité grossière ou subtile n'est que vibration. L'écoute « non impliquée » de ces différents rythmes amène tôt ou tard leur résorption dans leur origine, silence conscient. « Des tourbillons de qualités comme des sons et des lumières surnaturelles sont perçus par le coeur. Qu'on n'y mette pas l'accent et qu'on pénètre dans le suprême séjour à l'aide de son propre coeur. C'est ce qui coupe les liens du devenir. » Lakshmikaulanarva Tantra.
    L'abdication totale dans le silence permet de quitter les réseaux fractionnels de notre corps, positifs et négatifs, dans lesquels circulent généralement les énergies. Dans ces moments de silence et de « non-utilisation » des réseaux schématiques du corps, fuse, libre de toute intention, l'énergie qui est pure expression du silence sur le plan phénoménal. Cette célébration, cette offrande de la dualité dans le coeur trouve son expression la plus subtile dans le rite dupranayama. Les souffles inspirés et expirés, après avoir rempli leur fonction d'éveilleur et de purificateur, sont offerts en oblation dans le repos qui les suit. Le vide après l'expiration, vécu en unité, est l'espace d'où jaillit l'énergie enfin libre de percuter sans obstacle la cérébralité.
    « Quand le souffle vital abandonne les passages de droite et de gauche et suit la voie ascendante, ce mouvement détermine ainsi la fonte de toute la dualité comme celle du beurre congelé et donne naissance à l'unité. Telle est la fonction du souffle ascendant, udana, qui correspond au quatrième état. » Abhinavagupta, Ishvarapratyabhijnavimarshini

    Chapitre IV

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  • Le sacre du dragon vert

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    Chapitre 2

    Comment une recherche spirituelle a-t-elle pu intégrer l'érotisme dans son corpus ?
    L'érotisme est ésotérique, sinon c'est de la pornographie. Les éléments érotiques concrétisent une intuition. Quand la sensibilité corporelle est débarrassée de l'avidité, de la compulsion, elle devient une ouverture extraordinaire sur le monde, et même plus : sur la tranquillité. À travers les sens, on peut retrouver le divin. L'intellect provoque toujours un éloignement. De ce fait, les différentes formes de Yoga visent finalement à atténuer l'activité mentale, conséquemment la sensorialité retrouve sa place. À travers la musique, la poésie, l'amour, émerge l'essence des choses ; toute réflexion ou étude vous éconduit. La vie est sensorielle, il n'y a rien à penser dans la vie : seulement sentir, goûter, toucher.

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  • Le seul désir

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    La personne ne peut pas aimer

    Bienheureux Henri Suso
    Le plus utile est que l'homme sorte de lui-même, avec patience envers lui-même, dans l'abandon de Dieu, et qu'il laisse Dieu pour Dieu.

    On ne peut être présent à la beauté et à l'harmonie qui tissent l'existence que lorsque l'on se perçoit sans projet, sans dynamisme. Dans une intention, on est toujours en train d'« essayer », en train de se battre, de se défendre, de devenir quelqu'un ou quelque chose, et l'on passe à côté du merveilleux de la vie. La souffrance psychologique empêche de se réjouir de la beauté. L'espace où vibrer avec la beauté ne se trouve que dans une disponibilité sans direction.
    Dans un dynamisme psychologique, il n'y a pas de place pour la beauté ; il n'y a que combat, amertume, regret, échec, espoir -- une vie misérable ! L'absence de dynamisme n'est donc pas une négation des valeurs essentielles de la vie. C'est au contraire une disponibilité vis-à-vis d'elles.

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  • Corps de silence

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    La joie, l'absolu sont à reconnaître ici et maintenant. Cette révélation est l'essence même du tantrisme cachemirien. Sa mise en pratique est l'objet de la tradition telle que transmise par Jean Klein à partir des années soixante. Ce livre souligne les bases shivaïtes de cet enseignement, ainsi que ses échos dans l'islam d'Ibn Arabi et la mystique rhénane. Tout en gardant son ancrage dans la tradition, cette résonance s'actualise dans tous les aspects de la vie quotidienne. Elle en souligne la beauté et la liberté inhérentes : tout est prétexte à cette reconnaissance. L'abondance iconographique renvoie directement à cette même révélation où expérience esthétique et compréhension métaphysique vibrent d'un même silence.
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  • Corps de vibration Corps de silence

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    A l’écoute de l’enseignement de Jean Klein depuis les années soixante-dix, Eric Baret partage son exploration dans des recueils d’entretiens et des rencontres informelles.
    Le shivaïsme tantrique cachemirien propose une extraordinaire approche du corps et du souffle. Tout n’y est que transparence, légèreté et liberté. Bien loin du volontarisme corporel appelé en Occident  « yoga », les âsanas et les prânâyâmas deviennent créativité, vacuité la plus concrète. Ni exotisme ni distraction, la force de cette vision se révèle sans limite : tous les aspects de notre existence en sont irradiés. De l’approche de la beauté à la sexualité, de l’alimentation à l’exploration du corps subtil, cette tradition de lumière dévoile, pour la première fois en français, l’essence d’un art longtemps réservé à l’enseignement oral, rahasya-sampradâya.







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